QUOI DE NEUF ? SACHA GUITRY ! THEATRE DES MUSES - MONACO - 15,16,17, 18, 29,30,31 DECEMBRE 2016

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Adaptation et mise en scène d'Anthéa SOGNO
Comédiens : Anthéa SOGNO, Juliette GALOISY, Dominique THOMAS, Carlo CASACCIA, Didier CONSTANT
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En 1957, Sacha GUITRY quittait les planches et les femmes. Soixante ans plus tard, Anthéa SOGNO, passionnée de théâtre et, en particulier de celui de Sacha GUITRY, rend hommage à cet immense talent en montant un florilège de quatre de ses comédies en un acte : L'Ecole du mensonge, Une paire de gifles, On passe dans 8 jours et Une lettre bien tapée.

Comment ne pas succomber à une telle maestria, à une verve aussi effilée que la pointe d'une épée. C'est ce que l'Association des Amis du Théâtre a fait le 19 décembre 2016 : elle est littéralement tombée sous le charme de Sacha, de ses petites phrases salaces et percutantes sans parler de la mise en scène très enlevée et de l'impeccable et hilarante interprétation des comédiens.
Anthea_Sogno_1.JPG Quel plaisir et quelle émotion de retrouver un auteur qu'il ne nous est pas si souvent donné de voir représenté. Infatigable et prolifique auteur aux multiples dispositions (écrivain, comédien, metteur en scène, réalisateur, sculpteur, peintre, dessinateur, caricaturiste), cet homme singulier était un amoureux de la Lettre, un fin stratège du mot bien dit, de la langue comme instrument de défense mais aussi et surtout de séduction. Quand on pense qu'il a redoublé dix fois sa sixième ! Ce fiasco scolaire ne lui a d'ailleurs, par la suite, valu que des lauriers dans le monde littéraire : admirable paradoxe !
Il en est d'ailleurs un autre : celui des relations hommes et femmes qu'il met en scène, de son incomparable humour caustique, et de la question de l'amour. Mais, finalement, ces relations dissonantes et pourtant indissociables ne sont-telles pas, quelque part, la transposition de la vie de chaque couple, de leurs jeux de séduction où chacun interprète un rôle et de la vie de Sacha GUITRY elle-même ?
On le disait misogyne. Grand amateur de femmes, ses cinq mariages et ses multiples liaisons n'ont cependant pas été seulement matière à inspiration et à créativité mais aussi sa passion : femmes et théâtre sont résolument inséparables. GUITRY ne manque d'ailleurs pas, dans ses pièces, d'égratigner lestement les hommes ; c'est, du reste, généralement, eux, qui s'avèrent y être les plus infidèles. Son approche personnelle et dramaturgique s'inscrit pourtant naturellement dans la complexité des sentiments fondés sur l'ambivalence des êtres humains : amour et haine, l'un n'allant pas sans l'autre, comme le jour et la nuit, le chaud et le froid. Il évoque tout cela dans une de ses jolies phrases : "Tout ce mal que je pense et que je dis des femmes, je le pense et je le dis, je ne le pense et ne le dis que des personnes qui me plaisent ou qui m'ont plu". L'intérêt porté n'a de valable symétrie que celle d'aimer ou d'avoir aimé. Cette ambiguïté, comme l'éternel besoin de séduire avec la puissance de ses mots, ses pièces en sont truffées.
Dominique_Thomas.JPG Il en est d'emblée question dans l'incipit de GUITRY dans L'Ecole du mensonge : "Parlez des femmes, c'est en dire du mal... sans vouloir en parler longuement pour bien marquer leur importance". Ce premier petit bijou de sagacité souligne l'importance qu'avait pour GUITRY les qualités du mensonge au théâtre. Tout l'art d'un metteur en scène de créer une situation inattendue afin de tirer le maximum des comédiens, de les pousser dans leurs retranchements pour en extirper la quintessence du talent. Les auditions de textes appris par cœur et déclamés, le metteur en scène de l'Ecole du mensonge n'y croît pas. Pour lui, il faut savoir mentir car "mentir, c'est jouer la comédie".
Juliette_Galoisy.JPG Dans, plus ou moins, le même registre, si ce n'est que le metteur en scène est, lui-même, embarqué dans un processus qu'il a inconsciemment déclenché, on retrouve, dans On passe dans 8 jours, l'intérêt du contexte inconnu destiné à obtenir exactement le ton et le jeu voulus. Une autre façon de prouver que le théâtre c'est la vie et vice versa. Carlo_Casaccia.JPG Une paire de gifles et Une lettre bien tapée ainsi que les petites saynètes-intermèdes ne traitent que de la séduction, du mariage, de l'amour et de sa fugacité. Un prétendant empressé et indélicat qui, avant d'obtenir ce qu'il désire, doit payer sa muflerie tout comme le mari, imbécile et lâche, qui ne mérite que d'être cocu par une épouse innocente, tenue (évidemment) pour coupable, mais qui s'avère être la plus maligne. C'était la femme que GUITRY préférait, la femme active dont il attendait tous les caprices. Quant à Une lettre bien tapée, elle nous dévoile pleinement l'art du double sens dont était friand l'écrivain.
Didier_Constant.JPG Tout un programme où l'on retrouve, avec grand bonheur, les inimitables maximes acidulées, incisives et cyniques de Monsieur GUITRY. Du théâtre de haute volée avec des chutes, toujours à propos, où l'éclat de rire est au rendez-vous.

Nous n'oublierons pas les réparties piquantes, l'éblouissante interprétation des comédiens, l'excellence d'une mise en scène et d'un décor extrêmement soignés et la minutie apportée aux costumes ainsi qu'aux accessoires. Un moment magique qui est passé comme une étoile filante mais qui nous a emplis d'un véritable bonheur que nous souhaitons à de nombreux spectateurs.

Comme c'est bientôt Noël, et juste pour mettre un peu l'eau à la bouche de ceux qui ne sont pas encore allés applaudir "Quoi de neuf ? Sacha Guitry !", quelques délicieuses papillotes guitriennes entendues lors de cette représentation :

- "Le bonheur à deux, le temps de compter jusqu'à trois"
- "Quand une femme répète une question qui l'embarrasse, vous pouvez être certains qu'elle prend son élan pour mentir" ;
- "Une femme sur ses genoux, quand on ne l'aime plus, c'est lourd !"
- "Les femmes doivent être mariées et les hommes célibataires"
- "Si la femme était bonne, Dieu en aurait une !"

Le florilège d'Anthéa SOGNO a été représenté à Paris, au Théâtre Marigny, 600 fois ! On ne s'en étonnera guère !

Merci enfin pour le chaleureux accueil de toute l'Equipe du Théâtre des Muses, de sa directrice, Anthéa SOGNO, et de tous les acteurs.

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